ORDO AB CHAOS

Historique de la Franc-maçonnerie

 

LA FRANC MACONNERIE

 INTRODUCTION

Il existe peu d'organisations, de nos jours, qui soient entourées d'un voile aussi mystérieux que la franc-maçonnerie. Cet ordre qui depuis des siècles a aidé à façonner nos sociétés modernes, a été tour à tour glorifié, calomnié, craint et persécuté autant par les autorités politiques qu'ecclésiastiques. Le fait qu'il soit considéré comme une société sécrète a certainement contribué à augmenter la méfiance des autorités et des citoyens à son égard. Répartie à travers le monde, on lui a parfois attribué un rôle de «gouvernement parallèle» et en d'autres moments celui d'une secte diabolique. Paradoxalement, on retrouve parmi ses adeptes certains des personnages les plus importants de notre histoire qui ont œuvré dans des domaines aussi variés que la politique, le clergé, la science et l'armée. Plusieurs font partie des plus grandes familles royales d'Europe. Il n'est donc pas surprenant qu'encore aujourd'hui, la franc-maçonnerie continue à faire jaser et surtout à faire écrire. En effet, il existe dans le monde, plus de 80 000 ouvrages qui traitent de cet ordre et quelques universités lui ont même dédié une chaire. Tel que mentionné plus haut, d'innombrables textes traitent de la franc-maçonnerie. Ces écrits sont d'une extrême hétérogénéité: certains ont été rédigés par des francs-maçons et d'autres non. Il y en a de véridiques et d'autres qui ne sont que de lointaines fabulations. D'autres encore ont un seul but soit celui de discréditer l'ordre aux yeux du public. Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute que ce mouvement suscite un grand intérêt dans la société. Notre but est donc d'essayer de lever quelque peu ce voile de mystère et de jeter de la lumière sur les origines de cet ordre, ses rites, ses objectifs et son mode de fonctionnement.

 Qu'est-ce que la franc-maçonnerie

 La franc-maçonnerie se définit elle-même comme étant, 'un beau système de morale enseigné sous le voile de l'allégorie au moyen de symboles. Elle est en fait, un ordre initiatique, philosophique et philanthropique. On dit initiatique puisque les personnes qui y adhèrent sont soumises à des rites, lesquels ont pour but de transformer l'individu par l'effet combiné du rituel et de l'enseignement qui y est transmis. Ces cérémonies initiatiques sont présentées comme des métaphores, de manière spectaculaire et très originale, de façon à laisser un souvenir indélébile, chez l'initié, des leçons morales qui lui sont imparties. L'initiation est donc une façon d'enseigner, de révéler. Dans l'antiquité, particulièrement dans les écoles de mystères, le profane était soumis à un processus initiatique qui pouvait durer des années et qui comportait à l'occasion de dures épreuves physiques et mentales. Ce processus devait permettre au néophyte d'oublier le monde matériel d'où il venait, donc de « mourir » en quelque sorte, afin de renaître, grâce à l'initiation, à une nouvelle vie de connaissance, de sagesse et de modération. Ce thème de « mort et de résurrection » est commun à toutes les sociétés initiatiques de l'antiquité et on le retrouve également dans la franc-maçonnerie. La religion chrétienne est aussi, en quelque sorte, une société initiatique. L'initiation débute par le baptême et ensuite elle est renforcée par d'autres rites qui sont la première communion, la confirmation, le mariage, etc.

 Avec cette nouvelle vie, l'initié reçoit également une nouvelle philosophie qui découle de l'enseignement moral qui lui est transmis. Cet enseignement a deux buts: premièrement, il vise à donner à l'initié une règle de vie et deuxièmement, à l'éveiller à l'importance de la recherche de la vérité. On lui enseigne à ne pas accepter aveuglement les opinions des uns et des autres, mais plutôt à écouter, à analyser et à tirer ses propres conclusions en cherchant toujours la vérité aussi impopulaire qu'elle puisse être. La philosophie maçonnique vise à faire de son adepte quelqu'un de meilleur, quelqu'un qui puisse se surpasser, qui est exemplaire dans la manière de se conduire avec les autres, qui exerce la charité, l'entraide, le respect d'autrui et la défense de ceux qui sont plus démunis.

 Bien qu'elle ne soit pas, à proprement parler, un organisme de bienfaisance, la contribution charitable de la franc-maçonnerie est bien réelle. En fait, chaque branche de la franc-maçonnerie privilégie une ou plusieurs œuvres et contribue à la recherche dans divers domaines. La franc-maçonnerie encourage ses membres à s'impliquer, non seulement financièrement mais aussi par le biais du volontariat, dans tout projet communautaire louable.

 Son histoire

 L'origine de la franc-maçonnerie se perd à travers les siècles. Bien que de nombreux historiens se soient penchés sur cette question et qu'une multitude de livres aient été écrits à son sujet, personne n'a réussi à en préciser les origines, ni en termes d'époque ni en termes d'un élément déclencheur quelconque. Naturellement, les théories sont fort nombreuses, mais aucune ne résiste à l'analyse historique objective.

Certains ont même avancé que la franc-maçonnerie a débuté au paradis terrestre et qu'Adam fut le premier initié. Puis, l'ordre se serait répandu à travers ses descendants jusqu'à la construction du temple de Salomon, roi d'Israël, en passant par la Mésopotamie et la Phénicie. Naturellement, il n'y a personne qui prenne cela très au sérieux; même pas les francs-maçons eux mêmes. Une autre théorie plus plausible, fait remonter les origines de la franc-maçonnerie au temps des babyloniens, ces grands bâtisseurs de l'antiquité dont l'habileté et l'orgueil avaient poussé jusqu'à défier les dieux en voulant construire une tour qui atteindrait le ciel. De Babylone on passe en Égypte où les bâtisseurs jouissaient d'un statut privilégié. En effet, les pharaons, les rois d'Égypte, étaient essentiellement des bâtisseurs, des architectes si l'on veut, et ils passaient beaucoup de leur temps sur les chantiers de construction. À cette époque, il y avait des groupes de bâtisseurs, sortes de corporations professionnelles, possédant des techniques et des principes bien à eux, des secrets du métier en somme, et ils étaient tenus en haute estime par les dirigeants de l'État. On dit même qu'ils avaient l'occasion de s'approcher du pharaon beaucoup plus que certaines personnes de l'aristocratie. L'existence de ces corporations fut révélée au début du siècle dernier lors de fouilles effectuées par l'archéologue français Bernard Bruyère dans la localité égyptienne de Deir El-Médineh. Ces fouilles permirent de mettre à jour un cimetière réservé aux membres d'une corporation de bâtisseurs. On a aussi découvert que ces travailleurs vivaient selon un code de conduite qui leur était propre et qu'ils œuvraient non seulement en fonction de règles d'architecture, mais aussi à la gloire de leur divinité. Il y a là l'expression d'une certaine spiritualité dans l'exercice de leur travail et l'on y retrouve un parallèle avec les francs-maçons modernes qui œuvrent à la gloire du Grand Architecte de l'Univers. Le maçon opératif possédait déjà des aptitudes du maçon spéculatif et en cela on retrouve des similitudes certaines avec les francs-maçons modernes. D'Égypte, le mouvement se serait transmis en Grèce, puis à Rome et finalement en Europe occidentale. Rappelons-nous qu'à l'époque de l'Empire romain, il existait des regroupements de corps de métiers appelés en latin, « collegia fabrorum ». Ces corporations professionnelles, précurseurs des guildes médiévales, possédaient à elles seules tout le savoir romain : comment construire les routes, les arches, les aqueducs, les outils de guerre, etc. Bref, ils étaient les hommes de science de l'époque. À mesure que les Romains faisaient des conquêtes territoriales, leur savoir se répandait aux quatre coins de l'empire et c'est ainsi qu'éventuellement on se retrouve au Moyen Âge, époque où les maçons bâtissaient des cathédrales à travers l'Europe.

Cette deuxième théorie est plausible, voire même probable, mais elle ne résiste pas non plus à l'analyse objective. C'est à dire, qu'il n'y a aucun écrit ou constat de témoins contemporains qui vienne la soutenir. Les francs-maçons eux-mêmes considèrent que leur histoire se divise en deux segments : l'histoire documentée et l'histoire traditionnelle. Cette dernière comprend tout le folklore, les croyances et les légendes évoqués dans les rites maçonniques alors que l'histoire documentée réfère aux textes formels provenant de diverses sources et qui corroborent l'existence de l'ordre. Ainsi, un édit royal permettant les associations maçonniques ou le texte de la constitution de l'ordre ou même une bulle papale qui le condamne constitue certainement une preuve irréfutable. Penchons nous maintenant sur l'histoire formelle de la franc-maçonnerie.

Le premier manuscrit qui fait état de l'existence de la franc-maçonnerie remonte à 926 de notre ère, en Angleterre sous le règne du roi « Athlestan » où pour la première fois on fait allusion aux « maçons » comme étant une organisation reconnue et fonctionnant selon certaines règles bien précises. On parlait alors de maçons, dans le sens réel du terme, comme étant des ouvriers « opératifs » (1) qui coupaient les pierres dans les carrières et les transformaient en pierres polies et qui servaient ensuite à l'érection de monuments grandioses comme des cathédrales. Tous les documents connus qui réfèrent à la franc-maçonnerie antérieurement à 1717 sont classés et numérotés et sont, pour la plupart, conservés dans la bibliothèque de la Grande Loge d'Angleterre à Londres.

Jusqu'en 1717, les loges (2) maçonniques d'Angleterre existaient de façon indépendante les unes des autres. Or, le 24 juin de cette année là, quatre loges londoniennes ont décidé de se fédérer en une entité appelée « Grande Loge ». On ne connaît pas exactement les raisons qui ont motivé cette action, mais en agissant ainsi, les francs-maçons se sont donnés une structure administrative, une organisation centrale qui a permis au mouvement d'avoir un interlocuteur approprié face aux autorités politiques et de grandir constamment. À l'heure de l'expansion de l'Empire britannique, l'Angleterre expédiait ses armées à la conquête des colonies et comme il y avait des loges de francs-maçons dans la majorité des régiments et bataillons, cela a eu comme conséquence de propager la franc-maçonnerie à travers les autres continents, y compris bien sûr, l'Amérique du Nord. En 1722, la Grande Loge d'Angleterre confia aux soins du pasteur James Anderson de rédiger une constitution pour la gouverne de la franc-maçonnerie. Un an plus tard, la Grande Loge, alors âgée de sept ans, publia le « Livre des Constitutions », la franc-maçonnerie moderne fut présentée au monde comme une institution unie dans son universalité. Les textes intégraux des constitutions d'Anderson sont présenté à l'annexe A.

Le terme Franc date du moyen âge. Les gens qui vivaient dans le système féodal n'étaient pas tous affranchis et n'étaient pas libre d'aller où ils voulaient, ils étaient, pour ainsi dire, attachés à la terre. Compte tenu des besoins des riches seigneurs et des princes de l'Église, des métiers autres que laboureur de la terre se sont créés. Ces travailleurs spécialisés étaient d'une classe supérieure à celle des serfs et pouvaient circuler librement. On disait d'eux qu'ils étaient affranchis, d'où l'expression franc-maçon. Cette explication pourrait ne pas être la seule. En effet, le mot anglais pour franc est free et il existe une théorie selon laquelle l'origine du terme free mason viendrait d'une sorte de pierre facile à travailler et qui s'appelle justement freestone.

Avec le temps et afin de protéger les « secrets du métier » les maçons se sont regroupés en corporations ou guildes et ils se sont donné des règles de conduite. On ne devenait pas maçon seulement en le disant, on devait faire un apprentissage qui durait un minimum de sept ans avec un maître, qui acceptait de prendre l'apprenti sous sa tutelle et qui lui montrait les trucs et les secrets du métier. Après avoir passé divers examens, l'élève pouvait lui-même devenir un compagnon de l'ordre parmi les bâtisseurs. Donc, une fois reçus, ces compagnons pouvaient aller travailler dans des chantiers un peu partout en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre et dans ces chantiers, ils se réunissaient tous dans une place, parfois un simple abri que l'on appelait une loge. De plus, afin de se faire reconnaître comme véritables compagnons (par opposition à de simples ouvriers) et de se faire payer des gages selon leur rang, les maîtres bâtisseurs avaient des signes de reconnaissance qui n'étaient connus que des vrais compagnons. Plus tard, avec le déclin des grands projets de construction, les francs-maçons ont commencé à accepter dans leurs groupes des gens qui n'étaient pas vraiment des maçons opératifs. En général, il s'agissait d'individus appartenant à des classes sociales supérieurs ou tout simplement des gens qui apportaient de nouvelles pensées à l'organisation. Ces gens étaient appelés des francs-maçons acceptés. Il est à noter que le nom officiel que les francs-maçons se donnent aujourd'hui est maçons anciens, francs et acceptés.

Les Rites Maçonniques

 La Franc-Maçonnerie, en tant qu'ordre Initiatique, transmet son initiation en plusieurs étapes. Elle considère que la Vérité s'acquiert par un enseignement graduel. Ainsi, l'initiation maçonnique est complètement achevée lorsque le Franc-Maçon atteint le troisième degré, celui de Maître Maçon. Qui dit enseignement graduel, dit "grades". Ce vocable militaire est sans doute issu des loges militaires, fort nombreuses en France, sous l'Ancien Régime et sous l'Empire. Par ailleurs, le terme de "degré" semble plus adapté. Ainsi, il y a trois degrés dans la Franc-Maçonnerie universelle et traditionnelle : Apprenti, Compagnon et Maître Maçon. Les cérémonies initiatiques et la rituélique peuvent varier légèrement d'une obédience à l'autre, mais dans tous les rites et dans tous les pays, ces trois grades existent avec les mêmes mots et signes de reconnaissance. C'est ce qui fait son universalité. Ces trois degrés sont la base de la Franc-Maçonnerie et sont dispensés dans des loges dites « symboliques » ou loges « bleues ». La loge bleue est l'unité de base de la franc-maçonnerie et elle œuvre sous l'égide d'une Grande Loge qu'on appelle aussi « obédience ». Au delà des trois premiers degrés, il existe des systèmes appelés « hauts grades » et qui complètent, au moyen d'une rituélique qui leur est particulière, l'enseignement dispensé dans les trois premiers. Les Grandes Loges ne s'occupent pas de ces degrés; cela n'est pas de leur compétence. D'autre organismes (Conseils Suprêmes, Grands Prieurés, Grands Chapitres, etc.) les administrent. Pour être membre de ces hauts grades, il faut obligatoirement appartenir à une loge symbolique. Les hauts grades sont conférés selon des rites bien particuliers et distincts les un des autres.

 Il existe, en effet, différents rites dans la franc-maçonnerie mondiale. Un rite est un ensemble des règles Symboliques et Traditionnelles qui régissent le cheminement des cérémonies dans leur différents degrés hiérarchiques. Ils déterminent d'une façon particulière la pratique du Cérémonial Maçonnique. Si tous les chemins mènent à Rome, on peut considérer que tous les rites en arrivent à la même finalité. Ils ont pourtant des provenances aussi diverses que variées.

Aspect économique

 Du point de vue financier, les Loges sont totalement indépendantes les unes des autres. Elles prennent leur argent en majorité de leurs membres qui payent une cotisation annuelle. Il y a aussi des legs de personnes qui décèdent, mais en général, en parlant des petites Loges indépendantes, la plus grosse partie de l'argent vient des membres.

 Géographie

 Le mouvement de la franc-maçonnerie se situe dans pratiquement tous les pays sauf ceux qui sont sous des régimes autocrates. Par exemple, en Russie, aussi longtemps que le régime communiste était au pouvoir, la franc-maçonnerie n'était pas permise. La Grande Loge Russe a repris naissance depuis quelques années seulement. On trouve des loges maçonniques dans plusieurs pays du continent de l'Afrique tels le Gabon, la Côte d'Ivoire, le Congo, etc. On en retrouve en grande quantité en Amérique latine, en Australie, au Japon, en Inde, bref partout dans le monde sauf peut-être en Chine. Paradoxalement, il y a une Grande Loge très active à Cuba. À travers le monde, on compte au moins une centaine de Grandes Loges et des dizaines de milliers de Loges. Actuellement, dans le monde, on compte plus de 8 millions de francs-maçons.

 La franc-maçonnerie en l'an 2000

 Cette question est le débat de l'heure en ce moment dans la franc-maçonnerie où les membres tentent de trouver leurs rôles dans une organisation du troisième millénaire. Le passé est bien connu où ils ont fait de grandes choses, mais l'avenir est moins clair pour les francs-maçons. Selon eux, l'éloignement de la pratique du culte, l'érosion de l'unité familiale comme centre d'enseignement des valeurs fondamentales pour les jeunes et l'accroissement d'attitudes égoïstes à tous les niveaux, font que les gens grandissent dans un contexte amoral, où c'est chacun pour soi sans trop de respect les uns pour les autres. De plus en plus de gens se sentent perdus et sont à la recherche d'un soutien moral. La maçonnerie croit pouvoir attirer ces gens à elle afin de les aider dans leur développement intérieur. Dans les mots de l'écrivain Jean-Pierre Bayard, « La franc-maçonnerie apprend surtout à avoir conscience de n'être pas tout à fait ce que l'on voudrait être; elle permet d'acquérir une maîtrise. Ainsi la franc-maçonnerie n'apporte pas un mot d'ordre; elle ne dispense pas une leçon; elle éveille. »(4)

 Les valeurs morales qu'elle véhicule ne lui sont pas exclusives: connaissance de soi, amour du prochain, respect de l'autorité légalement constituée, devoir envers l'Être Suprême, etc. Ce qui lui est exclusif, cependant, du moins en occident, est le véhicule; c'est à dire, le rite initiatique. Ce dernier est en effet une allégorie élaborée de la vie qui engendre, chez l'initié, une profonde méditation, une perception et une action intérieure grâce auxquelles l'homme se révèle à lui-même, il dépasse ses propres limites, son soi. Le but primordial de la franc-maçonnerie est donc l'amélioration de l'individu et partant, celui du genre humain dans son ensemble. On comprendra, donc, que la mission que la franc-maçonnerie se donne est celle de « bâtir » une société meilleure en améliorant les individus qui la composent. Par contre, le problème est que la franc-maçonnerie a toujours été discrète dans la société et surtout dans les milieux catholiques, ce qui fait qu'elle a été moins bien connue. Elle aurait avantage à rehausser son profil face au publique. En somme, c'est encore une question ouverte.

 La franc-maçonnerie est-elle élitiste?

Tout homme qui croit en Dieu, qui croit que l'être humain doit agir honorablement en toutes choses, qu'il doit laisser le monde dans un meilleur état que celui dans lequel il l'a trouvé, qui reconnaît aux autres le même droit à leurs croyances dont il jouit lui-même, qui croit que c'est non seulement plus méritoire mais aussi plus agréable de donner que de recevoir, qui croit qu'il y a des choses plus importantes dans la vie que le succès financier, qui considère comme son devoir d'être un citoyen exemplaire de son pays, qui croit qu'il faut avoir de la compassion pour les autres et que la bonté de cœur est une des valeurs humaines la plus importante, qui croit enfin que les hommes de la Terre doivent s'efforcer de vivre une amitié vraiment fraternelle. Voilà donc que tout homme de bonne volonté peut devenir franc-maçon et la franc-maçonnerie se défend bien d'être accusée d'élitisme.

 Conclusion:

 La franc-maçonnerie n'est donc ni une secte ni une religion. Elle ne propose aucun dogme et elle n'a à sa tête aucun gourou. Fondée sur la croyance dans la fraternité des hommes et la paternité de Dieu, la franc-maçonnerie est une société où des hommes de toutes conditions, de toutes origines et de toutes religions, croyances ou philosophies se témoignent la plus sincère amitié et où ils conjuguent leurs efforts en vue de la construction du Temple idéal de la Vérité, de la Justice et de la Concorde. Elle maintient, à l'égard de toutes les religions, le plus profond respect et elle rejette l'athéisme. Elle laisse ses membres tout à fait libres de leurs propres pensées et elle n'interdit à ses membres que deux sujets de discussion à l'intérieur des loges: la politique et la religion.

 

 1. Le terme « opératif' » est utilisé par les francs-maçons pour définir un ouvrier manuel qui effectue un travail physique dans l'une des phases de la construction d'une bâtisse. Il s'oppose à « spéculatif' » qui signifie un maçon qui ne travaille pas avec ses mains, mais avec sa tête et qui contemple l'œuvre glorieuse du créateur.

 2. Le mot « loge » peut signifier un groupe d'hommes appartenant à la même cellule maçonnique, ou bien le lieu physique où la cellule se réunit.

 3. MARAIS, Francis, La Franc-Maçonnerie Dévoilée, Éditions de Montagne, Boucherville,1994, 218p.

 

Robert MINGAM

4. Symbolisme maçonnique traditionnel, Jean-Pierre Bayard, Tome I.

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