Franc-maçonnerie égyptienne, le rite de Misraïm

Franc-maçonnerie égyptienne (suite 5)

Robert Ambelain (voir sa biographie en annexe), éminent ésotériste, favorable au maintien de la tradition initiatique, telle qu'elle existait à travers Papus et Eliphas Levi, symboliste doté d'une bonne logique et d'un esprit critique, fut initiés à la Maçonnerie Traditionnelle, par le Frère Constant Chevillon 96ème, au début de l’année 1939, à la Loge Humanidad à Lyon. Il fut également reçu apprenti cette même année dans une loge parisienne du rite de Memphis-Misraïm, la Jérusalem des Vallées égyptiennes, par Constant Chevillon et Nauwelaers. Peu après le début de la guerre de 39/45, la Loge dû se mettre en sommeil, compte tenu de l’absence de nombre de participants, puis d’une chasse aux Francs-maçons orchestrée par Vichy. En conséquence, les archives des rites de Misraïm, de Memphis, de Memphis Misraïm, Early Grand Scottish Ecossais (Cernau) furent confédérés et confiées à Robert Ambelain qui les cacha dans sa cave.

Le Frère Robert Ambelain, le 15 août 1939, pour raison de force majeure en temps de guerre et pour services rendus à l’Ordre durant cette période d’occupation, est proclamé Substitut Grand Maître 95ème degré de l’Ordre Initiatique Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

Le 15 août 1944 (sous l’occupation) le Frère Georges Bogé de Lagreze Grand Hiérophante Substitut 97ème, du Grand Hiérophante Mondial Guerino Troilo 98ème donne patente au Très Illustre Frère Robert Ambelain:

NOUS, Grand Maître Général, Président du Souverain Sanctuaire pour la France et ses Dépendances de l’Ordre International Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, membre du Suprême Conseil International, Grand Hiérophante Substitut décrétons ce qui suit. En date de ce jour, élevons et proclamons Notre T\ Ill\ F\ Robert AMBELAIN : 95ème degré de Notre Rite, et Membre du Souverain Sanctuaire de France, en qualité de Substitut Grand Maître, et ordonne à tout Membre du Rite de le reconnaître comme tel, lui donne pouvoir de créer, installer, diriger, tout collège symbolique, capitulaire, et mystique de notre Ordre y compris les Grands Conseils des Sublimes Maîtres du Grand Œuvre 90ème degré, de notre Hiérarchie.

En foi de quoi la présente patente lui est remise pour lui servir de titre authentique et régulier auprès de tous Membres de l’Ordre et des Frat\ affiliées.

Donnée en la Vall\ Egyp\ de Memphis, au Zénith de Paris, timbrée et scellée par nous, le 15 août 1939.

Signé : Le Grand Maître Général, Grand Hiérophante Substitut : Georges BOGÉ de LAGREZE 33ème 96ème 97ème.

Robert Ambelain (voir sa biographie en annexe), éminent ésotériste, favorable au maintien de la tradition initiatique, telle qu'elle existait à travers Papus et Eliphas Levi, symboliste doté d'une bonne logique et d'un esprit critique, fut initiés à la Maçonnerie Traditionnelle, par le Frère Constant Chevillon 96ème, au début de l’année 1939, à la Loge Humanidad à Lyon. Il fut également reçu apprenti cette même année dans une loge parisienne du rite de Memphis-Misraïm, la Jérusalem des Vallées égyptiennes, par Constant Chevillon et Nauwelaers. Peu après le début de la guerre de 39/45, la Loge dû se mettre en sommeil, compte tenu de l’absence de nombre de participants, puis d’une chasse aux Francs-maçons orchestrée par Vichy. En conséquence, les archives des rites de Misraïm, de Memphis, de Memphis Misraïm, Early Grand Scottish Ecossais (Cernau) furent confédérés et confiées à Robert Ambelain qui les cacha dans sa cave.

Le Frère Robert Ambelain, le 15 août 1939, pour raison de force majeure en temps de guerre et pour services rendus à l’Ordre durant cette période d’occupation, est proclamé Substitut Grand Maître 95ème degré de l’Ordre Initiatique Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

Le 15 août 1944 (sous l’occupation) le Frère Georges Bogé de Lagreze Grand Hiérophante Substitut 97ème, du Grand Hiérophante Mondial Guerino Troilo 98ème donne patente au Très Illustre Frère Robert Ambelain:

NOUS, Grand Maître Général, Président du Souverain Sanctuaire pour la France et ses Dépendances de l’Ordre International Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, membre du Suprême Conseil International, Grand Hiérophante Substitut décrétons ce qui suit. En date de ce jour, élevons et proclamons Notre T\ Ill\ F\ Robert AMBELAIN : 95ème degré de Notre Rite, et Membre du Souverain Sanctuaire de France, en qualité de Substitut Grand Maître, et ordonne à tout Membre du Rite de le reconnaître comme tel, lui donne pouvoir de créer, installer, diriger, tout collège symbolique, capitulaire, et mystique de notre Ordre y compris les Grands Conseils des Sublimes Maîtres du Grand Œuvre 90ème degré, de notre Hiérarchie.

En foi de quoi la présente patente lui est remise pour lui servir de titre authentique et régulier auprès de tous Membres de l’Ordre et des Frat\ affiliées.

Donnée en la Vall\ Egyp\ de Memphis, au Zénith de Paris, timbrée et scellée par nous, le 15 août 1939.

Signé : Le Grand Maître Général, Grand Hiérophante Substitut : Georges BOGÉ de LAGREZE 33ème 96ème 97ème.

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Les deux Rites traverseront deux guerres mondiales, y compris le nazisme, qui a assassiné ses chefs, pour renaître, tel le Phoenix, au milieu du XXe siècle.

En 1942, Constant Chevillon alors Grand Maître des rites confédérés et Robert Ambelain en son domicile parisien, 12 square du Limousin (13e) réussirent à rouvrir clandestinement la loge maçonnique, Alexandrie d’Égypte. C’est là que Robert Amadou fut reçu en 1943.

Constant Chevillon, qui voyageait comme Inspecteur de Banque, se trouvait en mission à Clermont-Ferrand. Un matin, un inspecteur de police vint le chercher à son bureau, l'emmena à son hôtel, visita sa chambre et rafla tout ce qui était à lui, valise, papiers, manuscrits qu'il préparait pour l'édition. Ramené à la Sûreté, il y fut interrogé tout le jour avec des intervalles où il est mis en cellule avec des détenus de droit commun au nom de son idéal de liberté et de fraternité. Il y fut assassiné le 25 mars 1944 par des miliciens vichystes. Le Grand Maître de Belgique Delaive quant à lui fut décapité par les nazis.

Henri-Charles-Dupont prit alors légitimement la direction de l'Ordre à la Libération jusqu'à l'élection de Pierre Debeauvais (90e du Rite de Misraïm et 96e du rite de Memphis Misraïm).

En 1945, la Libération permet la reprise des activités de l'A.R.O.T., avec la constitution d'un Comité Directeur de reprise des travaux, comprenant trois membres qui sont, toujours par ordre alphabétique : Robert Ambelain, Jules Boucher et Robert Caborgne. Ils créent une fondation rituelle et occulte, avec projection d'un germe d'égrégore en astral.

Au début de l’année 1945, le Grand Maître Pierre Debeauvais 96ème démissionne et rend la Grande Maîtrise des Rites Unis à Charles-Henry-Dupont 96ème.

Le réveil des Rites Egyptiens après la guerre, sera assuré en Italie par Marco Adegio Allegri, Grand Hiérophante de Memphis en 1923 et Grand Hiérophante de Misraïm en 1925. Il unifie les rites en 95 degrés et fonde le Souverain Grand Sanctuaire Adriatique. Il aura pour successeur Ottavio Ulderico Zazio.

En 1956, le Frère Jean-Henri Probst-Biraben Maçon orthodoxe et traditionaliste très érudit, rétablit le Rite Ancien et Primitif de Memphis, reçoit les patentes du Régime de Naples ou Scala di Napoli" du Rite de Misraïm (Arcana Arcanorum) et devient Grand Hiérophante Mondial de Misraïm.

Quelques hauts dignitaires de la loge Arc en Ciel, dissoute pendant la guerre et l'occupation allemande, auraient appuyé l'initiative du professeur Jean Henry Probst ­Biraben.

Il faut ajouter que Probst-Biraben avait aussi réveillé en 1947 le Rite  de Memphis.  Ce dernier  Rite fut réuni en 1959 à celui de Misraïm (Régime de Naples), on ne sait pas exactement par qui «étant donné que Probst-Biraben qui avait réveillé les deux Rites était déjà mort à l'âge vénérable de 92 ans à la fin de 1957 ».

Pour conclure sur cette initiative décisive des derniers représentants de cette branche orthodoxe de Misraïm (il est juste de qualifier ainsi n'importe quel groupe qui suit les Arcana Arcanorum du Régime de Naples), l'on doit spécifier que l'Ordre réveillé en 1956 par Probst-Biraben est encore actif maintenant — d'une manière autonome en tant que Rite Oriental de Misraïm ou d'Egypte — particulièrement en Belgique, même si son actuel Grand Hiérophante général est un Italien. Ce dernier, à la mort du successeur de Probst, fut nommé à l'unanimité pour le remplacer, par le Suprême Grand Conseil de Misraïm, à cause de son âge maçonnique et profane, de sa sagesse, et de ce qu'il était le plus ancien et le plus élevé en grade parmi les membres de ce Suprême Grand Conseil.

En 1957 Le Frère Jean-Henri Probst-Biraben passe à l’Orient Éternel et Charles-Henri Dupont recueille la direction des Ordres égyptiens pour la France, dont il conservera les orientations respectives : mystères égyptiens pour Memphis, hermétisme et kabbale hébraïque pour Misraïm.

En 1958 Le Frère Charles-Henri Dupont  installe à Lyon un Suprême Conseil des Ordres Maçonniques de Memphis et de Misraïm réunis (les rituels restant distincts) dont la Grande Loge (Amon Râ) fusionne en 1960 avec les hauts grades de Memphis et de Misraïm conservant leur individualité.

Le 13 août 1960 Le Grand Maître Général Charles-Henri Dupont 96ème degré, désigne par écrit le Frère Robert Ambelain 96ème, (déjà nommé Substitut Grand Maître du Rite de Memphis Misraïm par Georges Bogé de Lagreze, charte de John Yarker en 1909 et de Jean Bricaud en 1921), comme son successeur à la Présidence des Rites Unis.

Au Zénith De Coutances, le 13 août 1960, le Souv\ Sanct\ de Memphis-Misraïm et Sup\Gr\Cons\ des Rites Confédérés pour la France et ses Dépendances.

Nous, Souverain Grand Maître, du Rite de MEMPHIS-MISRAÏM pour la France & ses Dépendances, Président du Souverain Sanctuaire de France, désireux de permettre le réveil et l’épanouissement du Rite de MEMPHIS-MISRAÏM en France, confions à dater de ce jour, pour les Territoires susmentionnés, la Charge de GRAND-ADMINISTRA-TEUR du Rite au T\ Ill\ F\ ROBERT AMBELAIN, déjà 95ème du Rite depuis 1943, le dit Frère étant de ce fait et ipso facto désigné comme mon Successeur à la Charge de GRAND-MAÎTRE du Rite de MEMPHIS-MISRAÏM pour la France et ses Dépendances.

Donné au Zénith de COUTANCES, ce 13ème jour d’Août 5960.

(Signé) HENRY-CHARLES DUPONT, Souverain Grand-Maître.

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A Coutances le 1er octobre 1960 Charles-Henri Dupont, passe à l'Orient Éternel dans sa 84ème année laissant à Robert Ambelain sa succession maçonnique à la tête des Rites Unis.

Le Grand Maître Général Robert Ambelain (98e) Président des Rites Confédérés et grand Conservateur des Rites non fusionnés de Memphis et de Misraïm alors en sommeil, fonde la Grande Loge Française de Memphis Misraïm en 1960, qui est déposée sous la loi associative de 1901, le 22 juin 1963. Celui-ci établit des liens avec le GODF, la GLDF, la GLTSO.

Robert Ambelain rétablit ainsi le Rite de Memphis-Misraïm, réussissant au fil des ans, et après l’avoir détaché du gnosticisme et du Martinisme, à mettre sur pied une dizaine de loges au travail remarquable.

En 1965, le Grand Maître Général de l’Ordre, alors strictement masculin, ouvre une première loge féminine, Hathor, travaillant au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm. 

En 1966, au troisième Convent International du Rite de Memphis Misraïm, le Grand Maître Général Robert Ambelain 98e degré, devient Grand Hiérophante et Grand Maître Mondial 99e degré. Celui-ci, à l'aide de plusieurs Frères, réécrit tous les rituels du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, car il n'avait que partiellement reçu les archives et les rituels de ses prédécesseurs.

 

3.

 

LE SUPRÊME CONSEIL

DES RITES CONFEDERES

 

En un demi-siècle d’activité au sein des cénacles ésotériques, j’ai pu constater que, très rarement, une filiation initiatique parvenait à s’éteindre. Et lorsqu’on vient à enquêter sur une nouvelle formation, très souvent on s’aperçoit qu’elle n’est que le surgeon, abâtardi, de quelque chose de bien plus ancien. Ainsi la pensée se réincarne au long des âges, épousant les nuances que lui reposent les générations ; et tout comme le jeu des chromosomes faits parfois réapparaître un lointain aïeul dans l’enveloppe d’un de ses descendants, ainsi ce qui fut l’âme d’un aspect de cette pensée revient animer un courant idéologique que l’on imagine inédit.

Or la filiation de la franc-maçonnerie antérieure à la réforme d’Anderson et de Désaguliers ne s’est pas éteinte. Elle subsiste au sein d’un rite bien oublié, le Early Grand Scottish Rite, ou Rite Écossais Primitif, qui fut recueilli et abrité, avec deux ou trois autres, par un organisme maçonnique créé en 1845 à Édimbourg. Il s’agit du Suprême Conseil des Rites Confédérés.

Il est cité dans le Rite Écossais pour l’Écosse, à la page 106. Son auteur est R.S. Lindsay, trente-troisième, Grand Secrétaire Général du Suprême Conseil du Rites Ecossais Anciens Acceptés pour l’Écosse. L’ouvrage à l’imprimatur du Grand commandeur et des grands officiers en date du 22 juillet 1957.

Il était déjà cité dans la Cyclopoedia of Fraternities (deuxième édition, 1907, page 67), in « étude sur la franc-maçonnerie américaine » d’Arthur Preuss, un haut dignitaire de celle-ci. Aux États-Unis, il se nomme Souverain Collège des degrés maçonniques unis.

Il était cité également dans les numéros de janvier, février, septembre octobre 1909 de la revue l’Acacia, porte-parole du Grand Orient de France, au sujet de l’appartenance de René Guénon à sa branche française, sous le nom de Suprême Grand Conseil Général des Rites Unis, dit Maçonnerie Ancienne et Primitive.

Et l’historien maçonnique Albert Lantoine rapporte à son tour son existence en citant la patente de ce Suprême Conseil des Rites Confédérés des États-Unis, délivrera au grand maître Jean Bricaud (Grand maître du Rite de Memphis-Misraïm) le 30 septembre 1919, pour les rites de : Cernau, Early Grand Scottish Rite, Royal Order of Scotland (ordre royal d’Écosse), et même Misraïm ! (cf. A. Lantoine: la franc-maçonnerie chez elle, page 298, édition Slatkine, Genève, 1981).

Bien avant, le Grand Maître du Grand Orient d’Allemagne, Grand Maître Mondial du Rite de Memphis-Misraïm, Théodore Reuss, avait remis en septembre 1909 une patente de ses divers rites au grand maître Gérard Encausse (Papus), grand maître de Memphis-Misraïm pour la France. Ses successeurs furent Charles Détré (Teder), Jean Bricaud, Constant Chevillon (assassiné le 26 mars 1944 par la milice de Vichy), Charles Henri Dupont et l’auteur de ces lignes.

Le Early Grand Scottish Rite, ou Rite Écossais Primitif, est représenté par une loge et un chapitre à l’Orient de Paris, sous le vocable de Saint André d’Écosse, et qui groupent quelques maçons spécialisés dans l’histoire de la franc-maçonnerie, et appartenant à la Grande Loge Nationale Française (Bineau et Opéra) et à Memphis-Misraïm. L’un et l’autre sont fermés.

Avant la Seconde Guerre Mondiale, il existait en certain régiment d’infanterie une compagnie de traditions. En plus de l’écusson du col portant le numéro du régiment, ses officiers, sous-officiers et soldats portaient sur la manche gauche un autre écusson, avec le numéro d’un ancien régiment, dissous après la guerre précédente. En cas de conflit, cette compagnie de tradition redevenait l’unité de départ du régiment reconstitué.

( Nous avons fait l’alerte de l’automne 1938, et la guerre de 1939-1940, au 154e régiment d’infanterie de forteresse, réserve du 37e, et occupant les « intervalles » dans la forêt de Bitche. Or il s’agissait de l’ancien régiment de Turenne, avec lequel ce maréchal fit toutes ses campagnes. Souvenirs de ses origines, le 154e R.I.F. avait conservé comme marches régimentaires celle du régiment de Turenne, devenu la « Marche des Rois » de l’Arlésienne ! Et comme tous ces régiments de couverture, il avait reçu un nom en 1938 du ministère de la guerre: » Turenne-régiment des Vosges ».

C’est ainsi qu’il faut envisager l’existence de certaines loges de tradition. C’est le cas de Saint André d’Écosse. Ce ne sont nullement des « loges sauvages », mais des possibilités de renaissance.

Ce fut le cas de la loge Alexandrie d’Égypte, que nous avions constitué en 1941, cellule de la future renaissance du Rite de Memphis-Misraïm, avec des maçons appartenant aux diverses obédiences françaises, dissoutes par le gouvernement de Vichy. Ses tenues est celles de son chapitre eurent lieu à notre domicile pendant les quatre années de l’occupation allemande, avec insignes et accessoires. Et à la libération, la tenue du solstice d’hiver fut présidée par le Grand Maître de la Grande Loge de France, Michel Dumesnil de Gramont, alors rapporteur du budget du gouvernement d’Alger, est ami du général De Gaulle. Pour mieux souligner le retour aux sources, cette tenue, solennelle s’il en fut, eut lieu dans la « Cayenne » des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (union compagnonnique), rue Pavée, car les locaux maçonniques d’avant-guerre étaient inutilisables, saccagées par la milice.

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En 1982, Robert Ambelain nomme Gérard Kloppel, Substitut Grand Maître 98e degré du Rite Ancien et primitif de Memphis Misraïm.

Le 22 décembre 1984, nomination de Gérard Kloppel au titre de Grand Maître Mondial du Rite de Memphis Misraïm par Robert Ambelain

Paris le 22 décembre 1984 E :. V :.

       T :.R :. F :. Gérard Kloppel

    Grand Maître Adjoint de France

Grand Maître Mondial Substitut du Rite

Très Respectable et Bien-Aimé Frère,

J’ai la satisfaction de te faire savoir que tu entreras en fonction de Grand Maître Mondial du Rite de Memphis Misraïm, Grand Maître de France, le 1er janvier 1985, à zéro heure solaire.

Par la même décision je cesserai totalement ces fonctions le lundi 31 décembre 1984, à minuit, à partir de cet instant je quitterai l’Obédience de Memphis Misraïm, que l’on m’a confiée en janvier 1941, avec les risques que cela comportait, et après quarante-sept ans d’activités maçonniques, dont cinq de clandestines.

Je conserve bien entendu l’inaliénable qualité maçonnique, ayant reçu de 1941 à 1954 tous les hauts grades de Rite Ecossais Ancien Accepté, du Rite Ecossais Rectifié, et du Rite de Memphis Misraïm. Je garde la haute main, par le Suprême Conseil des Rites Confédérés, hérité en 1962, sur les Rites de Cernau et Early (Grand York, 17e s.), conféré au grand Maître BRICAUD en 1920, par le Suprême Conseil des Etats Unis. A cela s’ajoute d’être, très certainement, le seul survivant des signitaires de l’ancienne Grande Loge Ecossaise Rectifiée, fondée jadis par les TT :. Ill :. FF :. Camille Savoire et René Wibaux, Obédience dont j’ai reçu tous les degrés comme dit plus haut, avec une patente de Loge bleue ad-vitam ainsi que des documents d’archives venant du Grand Prieuré d’Helvétie et que me remit le grand Prieur Camille Savoire aux fins de probation et de durée.

Je n’ai pas l’intention de me servir de tout cela ! Mais ces documents et patentes me rappelleront l’époque où il existait encore une Maçonnerie Initiatique et sévèrement structurée. Une note annexe te fera connaître les nombreuses raisons détaillées de mon départ. Nous conviendrons d'une date pour la remise des archives restantes, ainsi que des sceaux et timbres.

Je te prie de croire, Très respectable et Bien-Aimé Frère, à mes sentiments maçonniques affectionnés.

Robert Ambelain

   Grand Maître Mondial du Rite

Le 10 mai 1986, dans sa lettre  adressée au Frère Jacques –Jean SAVE concernant son abonnement à la revue de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, Robert Ambelain attirait l’attention sur le fait que Gérard Kloppel avait été désigné, ci devant, à sa mort, (et non avant sa mort) comme son successeur à la présidence du Suprême Conseil des Rites Confédérés, sous condition de maintenir leur indépendance totale. En conséquence, Robert Ambelain pouvait à son gré user de ses prérogatives de Grand Conservateur en exercice des Rites Unis, pour donner patente à qui bon lui semble sans avoir à en référer à quiconque. A ce propos, il citait les pages 234 à 236 de son livre « La Franc-maçonnerie oubliée » (édition Robert Laffont novembre 1985), précisant notamment que la patente de ce Suprême Grand Conseil des Rites Confédérés délivré au Grand Maître Jean Bricaud (Grand Maître du Rite de Memphis-Misraïm) le 30 septembre 1919, comprenait les rites de : Cernau, Early Grand Scottish Rite, Royal Order of Scotland (Ordre Royal d’Ecosse) et Misraïm. (cf. A.Lantoine : La Franc-maçonnerie chez elle, page 298, erd.Slatkine, Genève, 1981).

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Le 29 Octobre 1984, le Grand Maître Mondial Robert Ambelain 99e degré, reconnaît l'indépendance de la Grande Loge Féminine du Rite du 1er  au 33e degré, et, dans la nuit du 31 Décembre 1984, transmet sa charge de Grand Maître « Ad Vitam » du rite de Memphis Misraïm à Gérard Kloppel, qui devient le Substitut Grand Maître Mondial 99e degré, mais il conserve la direction des Rites Confédérés. (Voir page précédente, courrier de Robert Ambelain du 10 mai 1986).

Courant 1987, le frère Gérard Kloppel reçut les transmissions de ses prédécesseurs Georges Bogé de Lagreze 98e et Charles Henry DUPONT 96e, par le Grand Maître Mondial Robert Ambelain 99e la transmission intégrale et traditionnelle de la Grande Hiérophanie. Le 10 avril 1987, en son nom propre, il dépose à l’INPI le nom de « Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm », sous le n°14022643.

Désirant créer une Franc-Maçonnerie très axée sur la Tradition des anciens mystères, Gérard Kloppel s'entoura de Frères désireux de conserver un aspect initiatique empreint d'occultisme et de sciences sacrées. A cette fin, il privilégia le sérieux dans le travail au détriment du nombre en donnant à qui pouvait le recevoir une partie des Initiations dont il était en possession.

De 1985 à 1988, en trois années seulement la Grande Loge Française de Memphis-Misraïm, doubla ses effectifs. Le souhait de trouver place parmi les grandes obédiences conduisit Gérard Kloppel à d’indispensables compromis. On assista à la multiplication des loges bleues et à une banalisation des travaux. En accord avec l'ensemble de son Souverain Sanctuaire International, il en modifia les statuts et instaura une fonction élective destinée à s'occuper exclusivement des trois premiers degrés, ainsi que du fonctionnement administratif et financier, des relations nationales et internationales avec les autres Obédiences et des signatures de Traités d'Amitiés ou conventions lui donnant ainsi une autonomie de fonctionnement. Cette fonction élective prit le nom de Grand Maître. Il était assisté d'un Collège de Grands Officiers formant l'Organe Directeur dont la constitution prenait le nom de « Grande Loge Symbolique ».  Le Président du Souverain Sanctuaire National cédait alors le qualificatif de Grand Maître au nouvel élu et seule la totalité de la pyramide initiatique restait sous son autorité et de celle des Conservateurs du Rite.

Le Président du Souverain Sanctuaire du pays concerné octroyait donc une Patente de fonctionnement, justifiant de l'abandon de son titre dès l'élection du responsable de l'Obédience. Il n'avait plus pouvoir sur les Loges travaillant aux trois premiers degrés symboliques, sous réserve de respecter le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, ses particularismes et les Grandes Constitutions et Règlements Généraux.  

Le rôle du Grand Maître élu était multiple puisqu'il devait s'occuper des tâches administratives qui étaient les siennes, entretenir des rapports étroits et fraternels avec les autres Puissances Maçonniques, signer les Traités d'Amitié avec les Obédiences amies, participer à toutes les manifestations officielles auxquelles il était convié, solidifier et développer la structure et enfin conserver l'âme du Rite en lui restant fidèle dans ses principes fondamentaux, être vigilant sur les travaux, sur les comptes financiers et sur la déontologie Maçonnique. Il devait répondre à certains critères afin d'être éligible (connaissance du Rite, ancienneté, sérieux, disponibilité...) et n'appartenir qu'au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm. 

Le siège central de l'ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis‑Misraïm était de préférence à Paris ‑ France. 

Cependant, le 15 novembre 1991, un courrier du Grand Hiérophante et Grand Maître Mondial ad-vitam de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm Robert Ambelain, adressé au Très Illustre et Sublime Frère Claude Tripet, Président du Souverain Sanctuaire Helvétique au Zénith de Genève, destituait le Très Illustre Frère Gérard Kloppel de sa fonction de Substitut Grand Maître, pour s’être rendu coupable d’actes de violations des Constitutions de l’Ordre. En foi de quoi, à son départ pour l’Orient éternel et en qualité de maçon le plus Ancien du rite, Claude Tripet devrait lui succéder en qualité de Grand Maître International du Rite de Memphis Misraïm, et à son propre départ, l’Ordre devrait rejoindre sa souche encore existante en Egypte pour se placer sous les Constitutions du suiccesseur de son Altesse Royale le Prince régent d’Egypte Mohamed Aly Tewfik.

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Une dissidence s’opéra alors mais néanmoins, certains dirigeants (dont Gérard Kloppel lui-même) demeuraient de véritables " maçons opératifs ". Mais, en 1996, faisant suite à différents scandales impliquant Gérard Kloppel, les derniers Frères ayant connu l’époque Ambelain se sont retirés, soit pour rejoindre la première dissidence, soit pour tenter de se reconstruire en créant une obédience nouvelle.

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Robert Ambelain (1996)

Souverain grand Maître général des Rites Confédérés

D’autres Frères enfin, pour quelques-uns issus d’autres obédiences, se sont rapprochés de Robert Ambelain pour obtenir la patente nécessaire à la régularité de leurs travaux. Celui-ci s'étant déjà dépossédé de la patente de Memphis Misraïm au profit du Sublime Frère Claude Tripet à la fonction de Substitut Grand Maître du Rite de Memphis-Misraïm, leur proposa le réveil du Rite Oriental de Misraïm dont il avait conservé la charge et les Archives au sein des Rites Confédérés.

En janvier 1996, une première patente fut délivrée au Très Illustre Frère Jean Marc Font, en qualité de Substitut Grand Maître (ad-vitam) du rite de Misraïm. Cependant, après quelques mois, le 25 mai 1996, en son domicile parisien, le Grand Conservateur et Président des Rites Confédérés Robert Ambelain, déclara annuler la patente antérieurement confiée au Très Illustre Frère Jean Marc Font et lui substitua une nouvelle patente, cette fois au nom du Rite « Oriental » de Misraïm, au Très Illustre Frère Robert Mingam (90e de ce Rite), en qualité de Grand Conservateur.

Cette décision fut prise par Robert Ambelain, faisant suite au projet de constitution de Rites Confédérés dits « de France » par le Frère Patrick Leterme, qui s’était attribué frauduleusement toutes ses patentes en les photocopiant en couleur, et qui avait convaincu le Très Illustre frère Jean Marc Font de lui remettre en dépôt la patente du Rite de Misraïm.

C’est donc arbitrairement, et sans consultation du Suprême Conseil en formation, que ce dernier avait envisagé de céder ses archives (voir courrier du 6 mars 1997 de Robert Ambelain à Robert Mingam).

 

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Diplôme du 90e degré (Patriarche, Sublime Maître du Grand Œuvre)

Grand Conservateur de l’ordre

Momo

Annulation de la Patente délivrée à Jean Marc FONT

Nous soussigné, considérant que :

Une patente de réveil du RITE DE MISRAÏM a été confiée au T :.Ill :.F :. Jean-Marc FONT, avec les pouvoirs y afférents et la charge de Grand Maître du dit RITE de MISRAÏM,

Que le dit F :. Jean-Marc FONT a, sans contrainte d’aucune sorte et par amitié, remis cette Patente au T :. Ill :. F :. Patrick LETERME, à la demande de celui-ci, sans que rien ne justifie ce dépôt,

Que le dit F :. Patrick LETERME, démissionnaire depuis janvier 1996 de toutes nos organisations, n’appartenant à aucune obédience Maçonnique officiellement connue, n’est donc pas qualifié pour se prétendre ainsi détenteur magistral du RITE de MISRAÎM,

Déclarons annuler la Patente antérieurement confiée au T :. Ill :. F :. Jean-Marc FONT, et lui substituer par les présentes une nouvelle Patente au nom du T :. Ill :. F :. Robert MINGAM, lequel s’est engagé par devers nous le 25 mai 1996, à en assumer toutes les charges et fonctions en vue du réveil du dit RITE de MISRAÏM

Donné en notre temple de Paris, ce 25e jour de mai 1996  E :. V :.

Signé Robert Ambelain

Cft

Courrier de Robert Ambelain à Robert Mingam

 

R. Ambelain                                                                                                                 Paris le 6 mars 1997

5 rue Rubens                                                             

75013 Paris

T :.Ill :.F :. Robert Mingam

15 Bd du Palais  75004 Paris

Très cher et bien-aimé Frère

J’ai bien reçu ta lettre du 25 écoulé.

Il est certain qu’emporté par l’affection Fraternelle et mon indulgence native, j’ai commis des erreurs d’appréciation au cours de ma carrière maçonnique. L’affaire Leterme en est un exemple, hélas !

Mais à 90 ans, je ne puis enfourcher un cheval de bataille et tenter de ramener de l’ordre en ce domaine. Vous avez le nombre et la légitimité, Misraïm peut vivre, grâce à vous, continuer sur sa lancée et prospérer. Il vous suffit de décider de faire le ménage !

Leterme avait réussi à se faire remettre la patente confiée à Font. Cela est connu. Pour que je puisse donner des précisions, il me faudrait compulser tout un lot d’archives, et je n’en ai nulle envie…

Je vous conseille donc de considérer Leterme comme un ambitieux maladif, comme il en est tant en nos milieux, hélas, et négliger tout ce qu’il s’attribue. Il avait tenu jadis à photocopier en couleur toutes mes patentes. Cela ne lui donne aucun droit sur ce qu’elles représentent bien entendu. Mais…

Je te prie de croire, très cher et bien aimé frère, à mes sentiments les plus fraternels

Signature de Robert Ambelain

Leterme est né à Bordeaux, le 15 juillet 1946, à 10h30 (9h30 au soleil)- Le thème astrologique parle … 

Le 19 mai 1997, en son domicile parisien, le Très Illustre Frère Robert Ambelain, es-qualité de Président du Suprême Conseil de Rites Confédérés, délivrait patente du Rite Oriental de Misraïm au Très Illustre Frère Robert Mingam, 33e, 66e, 90e et dernier degré du Rite.

Hytrfd

 

 

 

 

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